Quand les cyanobactéries sonnent l’alarme de la conscience environnementale !

COMMUNIQUÉ DE L’APEL

Québec, le 21 août 2007. Pour la première fois cette année, le lac Saint-Charles est touché par un épisode de floraison de cyanobactéries. L’apparition de ces fleurs d’eau est la démonstration de la fragilité de ce milieu lacustre et a constitué pour plusieurs un signal d’alarme. Depuis des années, l’APEL s’époumone à répéter que le lac subit de graves pressions qui le font vieillir prématurément. Les floraisons de cyanobactéries sont malheureusement venues confirmer nos inquiétudes face à la santé du lac mais ont eu comme effet positif d’éveiller la conscience environnementale de plusieurs !

C’est ainsi que les recommandations de l’APEL ont trouvé de nombreuses oreilles attentives et plusieurs actions ont été mises en place depuis un an en collaboration avec de nombreux partenaires. La formation d’un comité technique qui a élaboré un plan de protection du lac Saint-Charles en collaboration avec toutes les municipalités du territoire a été l’élément central de la démarche de concertation des acteurs. Ce plan comprend la modification de règlements d’urbanismes et d’environnement, l’inspection des installations septiques, la renaturalisation des terrains riverains de la Ville de Québec, la sensibilisation des riverains et des résidants du bassin versant sur l’usage du phosphore et la renaturalisation de la bande riveraine et une étude pour l’amélioration de la gestion du barrage afin de mieux contrôler l’érosion. De plus, une étude limnologique du bassin versant de la prise d’eau potable est en cours afin de pouvoir cibler plus précisément les actions à entreprendre. De nombreuses autres actions ont été réalisées et plusieurs sont à venir.

Deux étudiants à la maîtrise sont aussi à l’étude des cyanobactéries au lac Saint-Charles. Ils évalueront la variabilité spatiale du phosphore et des cyanobactéries dans le lac, analyseront les facteurs qui influencent le développement des floraisons et identifieront les meilleurs indices pour le suivi à long terme de la qualité de l’eau du lac Saint-Charles.

À l’échelle locale, nous sommes satisfaits des interventions jusqu’à maintenant et nous souhaitons ardemment que pour 2008, une nouvelle réglementation harmonisée soit en vigueur dans tout le bassin versant du lac Saint-Charles. En ce sens, il reste beaucoup de travail à faire. L’APEL qui œuvre depuis 27 ans à l’éducation de la population sur leur rôle et leur responsabilité quant à la protection des cours d’eau reconnaît que la méthode douce est parfois insuffisante pour la prise en charge de nos milieux. Des moyens coercitifs doivent être mis de l’avant, car la bonne volonté des gens n’y arrive malheureusement pas toujours!

Le travail pour lutter contre les algues bleues en est un de longue haleine. Il reste de nombreuses actions à poser. L’engagement financier des villes et des gouvernements sera nécessaire. Nous souhaitons rappeler que le gouvernement du Québec n’a plus aucun programme de subvention pour financer le fonctionnement des organismes d’actions comme le nôtre et que le financement du plan de lutte contre les cyanobactéries a été attribué aux conseils de bassin. Nous réitérons l’importance de supporter financièrement les organismes régionaux, ces organismes soutenus à bout de bras par des bénévoles ayant une force de travail exceptionnelle. L’encouragement et la reconnaissance de leur travail par une contribution financière sont essentiels pour le maintien à long terme des ressources humaines qui coordonnent les actions sur le terrain. Notre position a été bien reçue par la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Madame Line Beauchamp, lors de sa tournée des régions pour discuter de l’avenir des lacs du Québec.

Source : Mélanie Deslongchamps, directrice, téléphone : 418 849-9844