Le secteur des Eaux-Fraîches dites-vous ?

Parfois, il faut faire un pas en arrière ou regarder de haut pour mieux comprendre une problématique. Dans le cas du secteur des Eaux-Fraîches du quartier Lac-Saint-Charles, regarder de haut peut nous aider à mieux comprendre certains problèmes.

Au sud du lac Saint-Charles, la rivière Saint-Charles coule lentement sur un terrain relativement plat et de nombreux méandres et plaines inondables la jonchent. Malheureusement, au cours des années, on a construit dans ces plaines inondables. Pourtant, ces milieux sont peu propices à la construction puisqu’ils sont inondés à l’occasion, causant des maux de tête aux propriétaires et des coûts écologiques et économiques importants pour la communauté.

Au cours de la dernière année, à plusieurs reprises, l’Actuel a relaté les problèmes liés à l’eau dans le secteur des Eaux-Fraiches. Comme vous pourrez le constater en lisant ce qui suit, la nature demeure plus forte que l’humain.

La fermeture des fossés de rues dans le secteur des Eaux-Fraiches
Depuis des années, les fossés de ce secteur de Lac-Saint-Charles causent des problèmes pour les résidents. La raison : ce développement résidentiel a été implanté sur un sol non propice au développement, puisque la nappe phréatique est trop rapprochée de la surface du sol. Ainsi, l’eau reste dans les fossés et ne s’infiltre pas dans le sol… car les fossés se situent à la hauteur de la nappe phréatique! Pour masquer ce problème, certains ont l’idée de fermer les fossés. Cependant, c’est loin d’être la meilleure solution! En effet, partout en Europe et aux États-Unis, on ouvre les fossés parce qu’on a compris qu’ils jouent un rôle essentiel dans les processus d’épuration et d’infiltration des eaux ! Entre autres exemples, la ville de Seattle a réalisé son projet « SEA Street », où on a aménagé des fossés de sorte qu’ils ressemblent à de magnifiques rocailles. Cet aménagement démontre qu’un fossé peut être à la fois beau et sécuritaire tout en permettant l’infiltration et l’épuration des eaux. Dans ce quartier de Seattle où les inondations étaient récurrentes, ils ont réussi à enrayer ce problème et à infiltrer 99% de l’eau !

Les égouts à la rivière lors de fortes pluies !
Il y a quelques mois, les citoyens du secteur ont été estomaqués de voir une pompe qui prenait l’eau des égouts pour l’envoyer dans la rivière Saint-Charles. Bien qu’inconcevable et totalement inacceptable en amont de la prise d’eau potable de 250 000 personnes, un problème bien concret est à l’origine de cette « solution » de dernier recours. En effet, au fil des ans, avec le développement du secteur, le territoire a été progressivement imperméabilisé et les eaux de pluie ont été canalisées. Ainsi, l’eau qui autrefois pouvait s’infiltrer tranquillement dans le sol en période de pluie se retrouve maintenant dans un égout dont la capacité a des limites. Lorsque cette limite est atteinte, les sous-sols des résidences du secteur sont inondés. Quelle est donc la « solution miracle » pour éviter les dégâts dans les maisons? On pompe les égouts dans la rivière ! Et quoi encore?

Continuer de développer dans ce secteur? MAIS à quel prix ?

Développer en bordure d’une rivière ou dans une zone inondable est économiquement et écologiquement non viable. À court terme, le développement représente de nouvelles taxes pour la ville, mais à moyen et long terme, les coûts sont énormes pour l’ensemble de la population de Québec. Rappelons que nous sommes en amont d’une prise d’eau potable pour 250 000 personnes… Combien il en coûterait aux contribuables de Québec de relocaliser la prise d’eau dans un autre bassin versant? Les coûts seraient certainement plus dispendieux que de simplement prendre des décisions parfois difficiles, comme celle de cesser le développement dans cette zone humide !