Lettre d’opinion publiée dans Le Soleil du dimanche, 25 mai 2008 : Les privilèges et devoirs de tous et chacun

Le Conseil de bassin de la rivière Saint-Charles accueille avec enthousiasme le règlement imposant la renaturalisation des berges du lac Saint-Charles, adopté mardi le 20 mai par le conseil municipal de la Ville de Québec. Cette nouvelle réglementation est un pas vers une meilleure protection de nos lacs et cours d’eau. La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, éditée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec reconnaît parmi les multiples rôles des bandes riveraines, ceux de barrières contre les apports de sédiments aux plans d’eau, de rempart contre l’érosion des sols et des rives, de régulateur du cycle hydrologique, et de filtre contre la pollution de l’eau. De plus, cette même politique recommande la protection d’une bande de 10 m, à partir de la ligne des hautes eaux, et de 15 m, lorsque la pente est supérieure à 30 %. Le lac Saint-Charles est le réservoir d’eau potable de plus de 250 000 personnes et des éclosions majeures de cyanobactéries s’y sont produites en 2006 et 2007. Il est important d’agir. Cette nouvelle réglementation est un premier pas. L’ensemble du bassin versant est également à prendre en compte. Les riverains sont les premiers visés par ces mesures de protection du lac Saint-Charles, parce que leurs terrains constituent la dernière barrière à la pollution du lac Saint-Charles. Nous comprenons qu’il peut être difficile d’accepter les changements que cette nouvelle réglementation impose, mais la Ville de Québec a déjà concédé plusieurs points aux riverains dont le maintien de percées visuelles. Vivre sur le bord d’un lac est le privilège de quelques uns qui comporte aussi un devoir de gardien de la qualité de l’eau. Garder nos lacs et rivières en santé est le devoir de tous.

Caroline Brodeur
Directrice générale
Conseil de bassin de la rivière Saint-Charles