Trente ans à protéger l’environnement

En 2010, l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL) fête ses trente ans d’actions comme groupe environnemental dans la région. Ayant été fondée en 1980 par des riverains soucieux de la qualité de leur lac, l’APEL a tout d’abord concentré ses actions autour du lac Saint-Charles. Les riverains ont réalisé de nombreuses actions afin de sensibiliser la population à la fragilité de leur milieu de vie : corvées de nettoyage, distributions d’arbustes, mise en place d’un programme éducatif pour les jeunes de 3-12 ans, collaboration à un journal local, etc.

À la fin des années 1980, un plan de conservation et de mise en valeur des Marais du Nord fut élaboré. Entre 1989 et 1995, les bénévoles ont développé des partenariats, signé des protocoles d’entente et multiplié les demandes de subventions pour enfin en arriver à l’ouverture des premiers sentiers d’interprétation en 1995. Une partie de ce territoire sera par la suite mis en réserve par la création d’une des toutes premières Réserves naturelles en milieu privé au Québec, gage d’une protection à perpétuité de l’état naturel des lieux.

Une planification stratégique donne un nouveau souffle à l’organisation à la fin des années 1990. Jusqu’alors basée principalement sur l’action bénévole, les administrateurs souhaitent désormais structurer l’organisation. C’est ainsi qu’au début 2000, une équipe multidisciplinaire est embauchée, une tarification est implantée aux Marais du Nord et des partenariats sont développés avec les municipalités et autres instances politiques présentes sur le territoire. L’APEL prend alors une orientation marquée pour la gestion par bassin versant. De nombreuses études sur le territoire sont réalisées afin de mieux connaître les problématiques du territoire et de cibler les actions à entreprendre.

La mission de l’APEL a évolué au cours des années et son territoire d’action s’étend maintenant à l’ensemble du bassin versant de la rivière Saint-Charles. Ce territoire se démarque par une réalité importante, puisqu’il alimente en eau potable une population de 230 000 personnes. Avec l’apparition des cyanobactéries dans le lac Saint-Charles en 2006, l’APEL n’a eu d’autre choix que de redoubler d’ardeur pour assurer la préservation de la qualité de l’eau du territoire. Désormais, tous les acteurs du milieu sont interpellés et mis à contribution.

S’appuyant sur le dévouement de ses nombreux bénévoles et de ses employés passionnés, l’organisation doit aujourd’hui convaincre la population de l’urgence d’agir pour la protection des cours d’eau du territoire. La situation n’est pas catastrophique, ni irréversible, mais un triste constat s’impose : la qualité de l’eau sur le territoire ne s’améliore pas malgré tous les efforts déployés par les municipalités et par l’APEL.

Ce constat fait dire à l’organisation qu’il faut faire plus et autrement, en utilisant son seul pouvoir : convaincre la population et les décideurs qu’il faut penser autrement l’aménagement de notre territoire afin de protéger nos cours d’eau.

C’est ainsi que débute une nouvelle décennie pour l’APEL, qui de par ses dizaines de projets en cours, souhaite faire une réelle différence afin de s’assurer que les générations futures pourront, elles aussi, profiter des beautés naturelles de la ceinture verte de Québec.