Le 22 mars : Journée mondiale de l’eau

Cette année, l’UNESCO a déterminé que le thème de la journée mondiale de l’eau serait « L’eau pour les villes : répondre au défi urbain ». L’objectif premier de cette journée est de sensibiliser la population et les décideurs aux enjeux mondiaux liés à l’eau. Cette année, l’emphase est mise sur les impacts de la croissance urbaine rapide, de l’industrialisation et des incertitudes issues des changements climatiques, des conflits et des catastrophes naturelles, sur les réseaux d’eau urbains.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la majorité de la population vit dans les villes: 3,3 milliards d’êtres humains… et l’étalement urbain continu! Ce phénomène frappe la plupart des villes du monde. Concrètement, on se retrouve avec une ville centre, et autour, de nombreuses banlieues s’étendent sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres, comme à Los Angeles par exemple. Contrôler l’étalement urbain est donc un défi de taille et un enjeu de première importance.

Pourquoi vouloir restreindre l’étalement urbain?

L’étalement urbain entraîne une culture de dépendance aux voitures, et par le fait même, plus d’émissions de carbone (gaz à effet de serre). Rappelons que l’augmentation des gaz carboniques contribue à augmenter la température globale de la planète, à faire fondre les calottes glaciaires et à hausser le niveau des mers. De plus, l’augmentation du niveau des mers inondera de nombreuses villes, en plus de rendre saumâtres* les nappes d’eau souterraines des agglomérations côtières et donc difficilement utilisables pour l’eau potable. À la hauteur de Québec, l’eau du fleuve Saint-Laurent sera éventuellement saumâtre. Considérant que 23 % de l’eau utilisée par la Ville de Québec pour son aqueduc vient du fleuve, cela représentera un défi de taille pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement.
*eau douce mélangée d’eau de mer

Aussi, l’étalement urbain entraine une plus grande consommation d’espace et de milieux naturels. Entre 1971 et 2006, la région métropolitaine de Québec a vu sa population augmenter de 49 % tandis que sa superficie augmentait de 261 % et sa densité diminuait de 59 % (CMQ 2010). Selon Statistique Canada, entre 2001 et 2011, les municipalités de Stoneham-et-Tewkesbury et de Lac-Beauport ont vu leur population augmenter respectivement de 1611 et 1565 personnes. Depuis 1996, cette augmentation représente un taux de croissance de 32% pour la MRC de la Jacques Cartier, comparé à un taux moyen de 6% pour le reste de la région de Québec (Institut de la Statistique de Québec 2010). Cette migration de la population comporte des défis importants aux niveaux social, économique et environnemental pour la région.

Dans le haut-bassin versant de la rivière Saint-Charles, un défi de taille existe : il faut allier utilisation du territoire et protection d’un bassin versant qui fournit 53 % des 100 millions de mètres cubes d’eau traités chaque année par la Ville de Québec pour son aqueduc. La principale manière d’y parvenir est d’appliquer les principes de la gestion par bassin versant et de concilier les usages pour diminuer l’impact de ceux-ci sur la qualité de l’eau.

Pour contribuer à diminuer votre empreinte écologique sur le territoire, il existe de nombreuses solutions. En cette journée mondiale de l’eau, nous souhaitons vous en rappeler quelques-unes applicables dans le quotidien :

  • Reboiser vos terrains afin d’avoir 50 % de la superficie en couvert végétal
    La perte du couvert forestier accélère la fonte des neiges, le ruissellement de l’eau, l’érosion des sols et l’ensablement des cours d’eau, en plus de détruire l’habitat de la faune.
  • Favoriser l’entretien écologique des pelouses
    Les fertilisants utilisés pour engraisser la pelouse sont trop souvent lessivés dans les cours d’eau. S’ils sont bons pour engraisser la pelouse, ils sont aussi très bons pour faire proliférer les plantes aquatiques et les algues nuisibles pour nos plans d’eau!
  • Éviter la mise à nu des sols
    Lorsque le sol est privé de végétation, il s’érode. En effet, lorsqu’il pleut, le sol est lessivé vers les fossés et ensuite les cours d’eau… on parle alors de sédiments. Les sédiments ont des impacts importants sur la qualité des milieux aquatiques, ils transportent une quantité très importante de phosphore. De plus, les sédiments contribuent à la destruction des zones de reproduction des poissons, à la prolifération des plantes aquatiques et à la déstabilisation des rivières.
  • Conserver ou renaturaliser la bande riveraine et recouvrir complètement de végétation les rives artificialisées
    La végétation riveraine constitue un rempart contre l’érosion, une barrière contre les apports en sédiments, un filtre contre la pollution, un écran contre le réchauffement excessif de l’eau, un régulateur du cycle de l’eau, un habitat pour la faune et un brise-vent naturel. Une bande de 10 mètres composée d’arbustes et d’arbres devrait ceinturer l’ensemble des rivières et lacs afin de les protéger efficacement.
  • Respecter les règles d’usage d’une installation septique
    Il est important de comprendre qu’une installation septique ne doit pas servir de dépotoir et surtout, qu’elle a une capacité de traitement limitée. Pour tout connaître sur les règles d’usage : Capsule d’information sur les installations septiques