Les enjeux du bassin versant : foire aux questions

Pourquoi l’urgence d’agir?

Depuis 35 ans, l’APEL a développé une expertise reconnue à la grandeur du Québec. Notre organisation peut témoigner de l’évolution du territoire du bassin versant du lac et de la rivière Saint-Charles grâce à de nombreuses campagnes d’échantillonnage, diagnoses et études approfondies. Les données générées permettent aujourd’hui d’affirmer que la qualité de l’eau de surface du territoire subit une dégradation importante causée par plusieurs facteurs, dont notamment le développement résidentiel, la gestion des eaux usées, l’entretien des voiries, etc. De plus, nos données scientifiques laissent croire que cette dégradation pourrait être irréversible si les actions requises ne sont pas mises en œuvre rapidement.

Pourquoi prioriser les eaux usées?

Dans le bassin versant de la prise d’eau potable de la rivière Saint-Charles, les eaux usées sont une source très importante de nutriments excédentaires (phosphore et azote) qui se retrouvent dans les cours d’eau et les plans d’eau. De plus, les rejets contiennent également des résidus de médicaments, des hormones, des micropolluants, etc. Depuis plus de 30 ans, plusieurs villes aux États-Unis, au Canada et en Europe ont priorisé une meilleure gestion des eaux usées pour des raisons d’économie et de santé publique. L’heure a sonné pour le lac et la rivière Saint-Charles!

Rappelons qu’un excédent de nutriments dans les cours d’eau contribue à leur vieillissement prématuré et alimente les plantes aquatiques envahissantes indésirables et les cyanobactéries.

Pourquoi faut-il prioriser la mise à niveau des stations de traitement des eaux usées?

Bien qu’elles respectent les normes en vigueur, les stations d’épuration des eaux usées des municipalités de Lac-Delage et de Stoneham-et-Tewkesbury sont des sources directes et permanentes de nutriments dans le lac Saint-Charles. Dans les rejets, on retrouve une partie du phosphore et de l’azote qui n’est pas traité, en plus de résidus de médicaments, d’hormones et de micropolluants divers.

Par contre, il ne faut pas minimiser l’effet cumulatif des autres sources de contamination : installations septiques, engrais, érosion, etc.

Pourquoi demande-t-on d’étudier la possibilité de raccorder certains secteurs au réseau d’égouts?

Plus de 5000 installations septiques sont répertoriées dans le bassin versant de la prise d’eau potable de la rivière Saint-Charles. Ce sont des quartiers complets qui ont été développés avec des installations septiques. Lorsque ces installations se retrouvent en forte densité ou dans des sols non propices (fortes pentes, roc, nappe phréatique affleurante, etc.), il est fréquent de constater des contaminations dans les cours d’eau.

En plus, qu’elles soient conformes ou pas, les installations septiques contribuent aux apports excédentaires en contaminants :

  • coliformes fécaux
  • phosphore
  • azote
  • résidus de produits ménagers
  • résidus de produits d’hygiène
  • résidus de médicaments

Pourquoi dit-on que le lac Beauport doit être surveillé même s’il est classé oligo-mésotrophe?

Ayant un niveau trophique* oligo-mésotrophe, le lac Beauport est encore en bonne santé. Il montre néanmoins des signes de vieillissement au niveau des profils d’oxygène dissous et de la densité des herbiers aquatiques. En plus, sa conductivité spécifique élevée (250 à 310 µS/cm en 2013) est un indice de l’impact des sels de voirie sur sa salinité.

Plusieurs mesures peuvent être mises en place pour prévenir une détérioration comme celle observée au lac Saint-Charles. Ainsi, la population de Lac-Beauport pourra continuer de profiter d’un lac en santé permettant les usages récréatifs qu’elle a le privilège d’y pratiquer.

*Le niveau trophique d’un lac est un indicateur de son état de vieillissement.

Pourquoi la Ville de Québec a-t-elle attendu deux ans avant de rendre disponibles les études de l’APEL de 2012?

La Ville de Québec a pris le temps de faire valider l’ensemble des recommandations de l’APEL auprès d’autres spécialistes en environnement.

Doit-on arrêter le développement dans la couronne nord de Québec?

Non, mais il faudra respecter des conditions très sévères pour :

  • minimiser les impacts du développement sur la qualité de l’eau;
  • limiter le déboisement et l’imperméabilisation des sols;
  • restreindre fortement l’utilisation d’installations septiques.

L’urbanisation effrénée du territoire a des impacts majeurs sur les cours d’eau :

↑ Contamination des eaux de ruissellement : entraînement des sédiments, nutriments, bactéries, virus, parasites, métaux lourds, huiles et graisses présents sur les surfaces imperméables.

↑ Contamination des eaux de surface et souterraines par les rejets d’eaux usées : apports de nutriments, résidus de médicaments, produits ménagers, produits d’hygiène corporelle, etc.

↑ Salinité des cours d’eau par les sels de voirie

↑ Risques d’inondation

↓ Biodiversité

Pourquoi les sels de voirie sont-ils dommageables pour les cours d’eau et nocifs pour l’eau potable? Existe-t-il des solutions alternatives?

Les sels de voirie ont des effets néfastes sur les eaux de surface et souterraines. Ainsi, ils contaminent l’eau des puits et l’eau brute servant à la production d’eau potable.

Plus de routes, plus de sel…

  • Entre 2011 et 2014, la conductivité spécifique du lac Saint-Charles a augmenté de plus de 75 %.
  • À l’usine de traitement d’eau potable de la rivière Saint-Charles, la salinité a triplé depuis 1977.
  • Les sels de déglaçage sont constitués d’une multitude d’agents nocifs pour l’environnement.
  • L’utilisation de sels de voirie a également des impacts sur le sol, la flore et la faune, ainsi que sur la durée de vie des automobiles et des infrastructures (corrosion).

Gestion alternative des sels de voiries :

  • La seule solution pour la protection des cours d’eau est la réduction à la source de l’utilisation des sels.
  • Il faudra donc changer nos pratiques d’entretien et nos habitudes de conduite hivernale afin de protéger les cours d’eau.
  • Au Québec, plusieurs stratégies sont disponibles pour adopter une gestion plus écologique des sels de voirie, comme l’épandage d’abrasifs (mélanges de sable et de gravillons qui augmentent l’adhérence de la chaussée) en remplacement des fondants (sels) et la mise en place de « routes blanches ».
  • Ce mode d’entretien hivernal privilégie notamment une intensification des interventions de grattage, une plus grande utilisation d’abrasifs et une réduction de la vitesse aux endroits critiques.
  • Certaines municipalités ont d’ailleurs emboîté le pas en adoptant des pratiques alternatives, et leur démarche remporte déjà un grand succès tant au niveau de la sécurité routière que sur les plans environnementaux et socio-économiques (avec une baisse des coûts d’entretien).

Quelques exemples au Québec :

  • Lac à la Truite (région de Montréal) : projet d’épandage d’abrasifs sur l’autoroute 15.
  • Lac Mégantic (Estrie) : projet de route blanche pour l’entretien hivernal de la route 263.
  • Lac Magog (Estrie) : projet de valorisation des abrasifs autour du lac Magog.
  • Ville de Saguenay : concept de quartier blanc.

Quelles sont les sources de financement de l’APEL?

L’APEL ne reçoit aucune subvention de fonctionnement de la part des ministères ou des villes.

L’ensemble du financement est accordé pour la réalisation de projets. Depuis quelques années, c’est plus de 85 % des revenus de l’APEL qui proviennent de nos activités (honoraires professionnels, cotisations des membres, revenus des Marais du Nord, revenus d’animation, bazar de jouets, ventes de la boutique écologique et dons privés). La balance de nos revenus provient de subventions pour la réalisation de projets spécifiques. Le budget de fonctionnement varie de 400 000 $ à 600 000 $ par année.

Pour de plus amples informations sur les activités de l’APEL, vous pouvez consulter les rapports annuels et plans d’action : http://www.apel-maraisdunord.org/apel/organisation/rapports-annuels-et-plans-daction/

Combien d’employés travaillent pour l’organisation?

L’APEL compte dix employés permanents à temps plein et à temps partiel en plus de dix à quinze employés contractuels ou stagiaires annuellement. Aussi, plusieurs bénévoles nous aident dans la gestion des Marais du Nord et pour la réalisation des activités de l’APEL. http://www.apel-maraisdunord.org/apel/organisation/equipe/

Qui sont les administrateurs de l’APEL?

Ce sont des membres qui ont à cœur la protection du bassin versant de la rivière Saint-Charles. Les bénévoles qui siègent sur le conseil d’administration sont élus lors de l’assemblée générale des membres. Il n’y a aucun représentant désigné. Pour de plus amples détails : http://www.apel-maraisdunord.org/apel/organisation/conseil-dadministration/