Attention ! Le myriophylle à épi envahit nos lacs !

Le lac Delage, et maintenant le lac Saint-Charles, sont aux prises avec un problème sérieux : l’envahissement par une plante aquatique qui a été introduite accidentellement, le myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum).

Source : Crow et Hellquist, 2000

Cette plante aquatique envahissante vit submergée et pousse principalement à une profondeur de un à quatre mètres. Originaire d’Eurasie et introduit en Amérique du Nord vers les années 1940, le myriophylle à épis est devenu le fléau numéro un des lacs du Québec et du Canada. Presque incontrôlable, il peut s’attaquer pratiquement à tous les types de lacs.

Le problème avec cette plante est que, une fois introduite dans un plan d’eau, elle a la capacité d’envahir presque entièrement les surfaces disponibles. En effet, son mode de reproduction par bouturage permet à la plante de se propager à une vitesse fulgurante. Chaque tige peut facilement produire une vingtaine de nouveaux plants par bouturage et marcottage. La progression de cette plante est favorisée par le détachement de petits morceaux lors du passage des embarcations mais aussi par des embarcations non nettoyées qui disséminent des fragments de plante de lac en lac.

Les impacts d’une infestation du myriophylle à épi sont nombreux. En tête de liste, on y retrouve la perte en biodiversité et la nuisance causée aux villégiateurs. Le myriophylle est également responsable de grands changements des propriétés physico-chimiques des étendus d’eau, ce qui peut occasionner la mort de plusieurs espèces de poissons. De plus, les eaux deviennent stagnantes et les plages connaissent alors des hausses importantes de décomptes des coliformes et autres bactéries.

Contrôle du myriophylle à épi

Il n’existe aucune solution miracle pour éliminer cette plante exotique. La couper est la pire des solutions, car chaque segment de la plante va créer une nouvelle pousse (reproduction végétative). Le myriophylle doit être déraciné complètement si on veut réellement l’éliminer. Il faut également sortir toutes les plantes déracinées du lac, sinon elles pourraient simplement s’enraciner ailleurs. Il est évident que cette méthode n’est applicable que pour de très petites superficies.

Il est donc recommandé d’éviter tout contact avec le myriophylle. Aussi, comme les plantes aquatiques adorent le soleil, il est souhaitable d’avoir des arbres et arbustes en bordure du lac afin de faire de l’ombre. L’élimination de tout apport en fertilisant (engrais : phosphore, azote, potassium) est primordiale pour ne pas encourager la croissance du myriophylle. Enfin, il est possible de demander un certificat d’autorisation au Ministère de l’Environnement afin d’installer une toile géotextile dans le fond d’un lac conçue spécifiquement pour empêcher la croissance du myriophylle et créer un passage permettant d’atteindre le centre du lac avec des embarcations.

L’APEL a déjà entrepris un suivi de l’évolution du myriophylle au cours de la saison 2004 et souhaite multiplier les efforts de sensibilisation des riverains afin de les impliquer dans la lutte contre ce fléau. C’est tous ensemble que nous réussirons à limiter l’envahissement ! Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter l’APEL au : 849-9844.

Sources et informations : Jérôme Léger et Mélanie Deslongchamps, APEL