Capsule : Connaître les espèces exotiques envahissantes, c’est faire sa part pour la protection des milieux naturels

Parfois, en souhaitant améliorer l’aspect esthétique de notre terrain à peu de frais, nous avons l’idée d’aller chercher une plante dans un fossé, un village qu’on a visité ou simplement chez un voisin. Mais, savez-vous que certaines espèces introduites au Québec peuvent être envahissantes et même contribuer à la disparition d’autres espèces de plantes et animaux allant jusqu’à étouffer des plans d’eau ? Il est donc très important de limiter leur propagation, de ne jamais les semer, les planter, les multiplier ou les transporter. Voici donc les principales espèces envahissantes que nous retrouvons déjà en grand nombre dans la région.

Renouée japonaise (nom familier : bambou japonais)

La Renouée japonaise produit des tiges rougeâtres ou brunâtres et creuses d’un diamètre de 1 à 2 centimètres semblables à des pousses de bambou, d’où son nom familier. Ses tiges peuvent atteindre deux à trois mètres de haut au cours de l’été.

Cette plante perturbe les activités humaines : elle limite l’accès aux cours d’eau et affecte la valeur des terres qu’elle envahit. Elle est capable de se reproduire à partir de minuscules fragments de tige ou de racine qui peuvent demeurer en dormance jusqu’à 10 ans dans le sol. Sa croissance est très rapide et elle libère des toxines dans le sol qui inhibent le développement d’autres végétaux. L’absence d’ennemi naturel contribue aussi à son extraordinaire vivacité.

On en retrouve à plusieurs endroits et de manière importante sur le territoire, dont les rives de la rivière Saint-Charles.

Salicaire pourpre

La Salicaire pourpre fait environ un mètre de haut, elle a de petites fleurs pourpres ou roses disposées en épis au bout des tiges et sa floraison se produit généralement en juillet et en août. On la trouve dans toutes les provinces canadiennes, mais plus fréquemment dans les milieux humides du Québec et de l’Ontario. La salicaire pourpre est présente en bordure des étangs, des lacs et des cours d’eau peu profonds, sur les plages, dans les fosses-réservoirs, dans les fossés ainsi que dans les canaux d’irrigation et de navigation.

Cette espèce est très agressive et très prolifique. Une seule plante peut se multiplier par milliers en quelques années à peine. On peut l’apercevoir un peu partout dans la région, dans les fossés, les milieux humides, les plates-bandes, etc.

Roseau commun

Le roseau commun est une graminée de grande taille (1,5 à 2,5m) qui se propage par graines ou de manière végétative et qui colonise surtout les marais et les bords de route. Ce roseau est maintenant très répandu sur les emprises autoroutières. Une fois installée dans un canal de drainage routier, une colonie de roseaux s’étend en moyenne de 2 à 7 m chaque année. Le roseau ne reste pas confiné aux emprises routières; il se propage souvent (quoique pas de manière systématique) des routes vers les canaux de drainage agricoles et les terres humides adjacentes, ce qui peut causer des problèmes importants à la flore et à la faune des marais.

Elle est facilement observable dans les fossés de l’autoroute Laurentienne et dans le milieu humide entourant le lac Savard à Stoneham.

Berce de Caucase

Cette plante a été introduite sur le continent américain pour des raisons horticoles et a été répertoriée pour la première fois au Québec en 1990. Elle produit de petites fleurs blanches regroupées en ombelles constituées de 50 à 150 rayons et pouvant atteindre de 20 à 50 cm de diamètre. La hauteur des plants varie de 1,5 m jusqu’à 4 m à l’état adulte. Sa sève contient des toxines. Ces dernières sont activées par la lumière et rendent la peau extrêmement sensible au soleil, causant des dommages aux cellules cutanées superficielles (lésions apparentées à des brûlures, douloureuses et parfois graves). Au Québec, elle est une plante exotique envahissante.

On l’aperçoit de plus en plus sur le territoire dans les fossés de drainage. En raison de sa toxicité, lorsque vous la voyez, ne tentez pas de la retirer, veuillez plutôt signaler sa présence à votre municipalité.

Myriophylle à épis

Le myriophylle à épi est une plante submergée, qui possède de 3 à 5 feuilles longues et filiformes, qui semblent plumeuses au regard. Il est généralement retrouvé dans les lacs à une profondeur d’eau de 0,5 à 3,5 m. Il provient de l’Europe, de l’Asie et du Nord de l’Afrique et est devenu l’une des plantes aquatiques non indigènes les plus largement répandues de l’Amérique du Nord.

Le myriophylle à épi grandit rapidement au printemps, et une fois que les tiges atteignent la surface de l’eau, ils se ramifient dans toutes directions et produisent un tapis dense de végétation et bloquent la lumière du soleil aux plantes en dessous de la surface. En plus d’appauvrir la diversité des plantes aquatiques et l’habitat des poissons, le myriophylle à épi peut nuire à la baignade, à la pêche et à l’utilisation des bateaux. Pour diminuer sa propagation, il est recommandé de ne pas circuler à l’intérieur des zones affectées puisqu’un seul fragment peut former un nouveau plant.

Les pourtours du lac Delage en sont envahis depuis la fin des années 1990 et l’invasion se fait progressivement depuis quelques années au lac Saint-Charles.