La protection du lac Saint-Charles, ça commence aussi dans ma cours !

L’eau : la base de la vie !

Tous les scientifiques s’entendent pour dire que l’eau est à la base de la vie sur Terre. Aussi, la plupart des gens sont au courant que notre corps est principalement constitué d’eau. Ceci étant dit, il est évident que l’eau est un élément essentiel à notre vie et nous devrions donc lui porter une grande attention afin de la préserver. Pourtant, nos plans d’eau sont encore souvent utilisés comme décharge à déchets et à pollution. Nos pratiques ne sont pas toujours respectueuses de la qualité des plans d’eau, surtout lorsqu’on pense pouvoir vivre sur le bord de l’eau comme on le fait sur le bord d’un trottoir en ville !

L’eau douce, une denrée rare !

Seulement 3% de l’eau de notre planète est douce. De ces 3%, 73% sont à l’état solide, sous forme de neige ou de glace, 26% sont des eaux souterraines, et seulement 0,6 % de ces eaux circulent à la surface de la terre dans les rivières et les lacs. Le reste flottent dans l’atmosphère à l’état de vapeur. Tout compte fait, l’eau douce de nos lacs est un trésor inestimable que l’on doit protéger.

Mon lac vieillit mal !

Il est normal qu’un lac vieillisse…ce qui l’est moins, c’est qu’un être humain puisse dire qu’il a été témoin du vieillissement de son lac! En effet, le processus d’eutrophisation d’un lac se déroule normalement sur des milliers d’années. La principale cause de l’accélération du vieillissement d’un lac est l’urbanisation et la dénaturation de son bassin versant.

Amener la ville à la campagne…

Comme les lacs et les rivières constituent un attrait important, le développement de plusieurs régions du Québec s’est fait autour des plans d’eau. Mais trop souvent, le réflexe de l’urbain est de reproduire son milieu lorsqu’il s’installe à la campagne. Souvent, le nouveau résident ignore ses responsabilités en tant que riverain. Il abat les arbres qui lui bloquent la vue, déroule le gazon jusqu’au bord de l’eau, prend un contrat d’entretien pour le garder vert, asphalte son entrée et lave sa voiture avec du savon plein de phosphore. Et que dire des installations septiques?! Habitué au système d’égout de la ville qui traite tous les rejets, il continue de faire six lavages le même jour et d’utiliser son javellisant sans penser qu’il détruit ainsi la flore bactérienne et diminue la capacité de traitement de son installation septique. Lorsqu’il sent une drôle d’odeur, il l’ignore en attendant que l’inspecteur municipal passe ! Mais un beau jour, à sa grande surprise, on lui annonce qu’il ne peut plus se baigner dans « son » lac, puisqu’il est contaminé aux cyanobactéries! Et là, l’urbain cherche à trouver des coupables sans remettre en cause ses propres habitudes.

L’importance du bassin versant

Un bassin versant est une portion de territoire délimitée par des lignes de crête, dont les eaux alimentent un exutoire commun : cours d’eau ou lac. On peut comparer un lac à un réservoir où l’eau se renouvelle en un temps plus ou moins long selon les apports en eaux du bassin. Dans le cas du lac Saint-Charles, le taux de renouvellement est relativement élevé, c’est-à-dire d’environ 15 fois par an. Ainsi, la qualité de l’eau du lac dépendra beaucoup de l’utilisation du territoire à la grandeur de son bassin versant. Dans celui du lac Saint-Charles, le développement résidentiel en montagne, le passage d’une route provinciale et bientôt d’une autoroute, les activités récréo-touristiques et les habitudes de vie des résidents sont autant de facteurs qui causent son vieillissement prématuré. Heureusement, il n’y a pas d’industries lourdes, ni d’agriculture!

Améliorer la qualité de l’eau

Diminuer l’impact de l’humain sur son milieu de vie reste la première solution pour améliorer la qualité de l’eau. Ainsi, il est primordial de renaturaliser le bassin versant et les rives des cours d’eau. De plus, il faut éviter la mise à nu des sols, puisque lors de grosse pluie, l’eau transporte des sédiments, tel que le limon et l’argile et contribue aux apports en phosphore dans les cours d’eau. Il faut aussi éliminer l’utilisation d’engrais et de savons phosphatés, améliorer le traitement des eaux usées, protéger les milieux humides et même en reproduire sur son terrain lorsque possible (les marais filtrent l’eau et jouent un rôle de rétention). Enfin, avant d’entreprendre des travaux, il est toujours important de se questionner sur l’impact qu’ils auront sur la qualité du cours d’eau. En cas de doute, il est prudent de s’informer auprès de sa municipalité.

Une responsabilité collective

Protéger un lac contre son vieillissement prématuré n’est pas seulement l’affaire des riverains, mais de l’ensemble des résidents d’un bassin versant. C’est dans la concertation, l’harmonie et l’échange que l’on peut améliorer notre environnement.

La protection du lac Saint-Charles : ça commence aussi dans ma cours !

Lecture recommandée :

  • Nos lacs, les connaître pour mieux les protéger, André Hade, Éditions FIDES, 343 pages.
  • Protéger et restaurer les lacs, Robert Lapalme, Édition Bertrand Dumont, 192 pages.

Sources et informations : Mélanie Deslongchamps et Sylvie LaRose – APEL