La qualité des eaux de nos lacs et de la rivière des Hurons

Vivre en banlieue de la ville de Québec comporte de nombreux avantages, dont la proximité de plusieurs plans d’eau de qualité. Par contre, depuis quelques années, on peut remarquer que certains lacs démontrent des signes de vieillissement prématuré. La détérioration de nos plans d’eau est en grande partie due à l’Homme. En effet, des comportements tels que : la coupe d’arbres en bordure des cours d’eau et des coupes excessives sur le territoire, le mauvais entretien des fosses septiques, l’introduction de plantes aquatiques envahissantes ainsi que l’usage des fertilisants et pesticides sont autant de causes qui expliquent la dégradation de la qualité des plans d’eau.

En ce début de saison estivale, nous vous présentons un portrait des plans d’eau en amont du lac Saint-Charles afin que vous puissiez être mieux renseignés lors de vos activités nautiques.

Débutons par le principal affluent du lac Saint-Charles, la rivière des Hurons. Deux grands problèmes se dégagent : les rives sont dégradées en raison de la déforestation (les racines des arbres et arbustes retiennent les rives) et on remarque une concentration élevée de bactéries d’origine fécale. C’est pourquoi l’APEL réalise présentement une campagne de sensibilisation pour la renaturalisation des rives et que la municipalité de Stoneham redouble ses efforts pour la remise aux normes des installations septiques sur tout le territoire. Il est donc recommandé de ne pas se baigner dans la rivière des Hurons à partir du pont de la rue Crawford, puisque des tests ont révélé un dépassement des critères de qualités du Ministère de l’Environnement.

Du côté du lac Durand (Vermont-sur-le-Lac), les constats sont semblables à ceux de la rivière des Hurons, c’est-à-dire que les rives sont en partie dénudées et il y a une concentration élevée de coliformes fécaux par temps de pluie. De plus, la faible profondeur du lac favorise la croissance de plantes aquatiques (dû au réchauffement de l’eau et à la lumière au fond). Les principales solutions pour améliorer l’état du lac sont de renaturaliser les rives (afin de faire de l’ombre) ainsi que de réduire tous les apports en bactéries et phosphore (éléments provenant du mauvais entretien des fosses septiques et de l’utilisation d’engrais et de pesticides). Pour votre sécurité, il est aussi recommandé de ne pas se baigner, particulièrement en temps de pluie (attendre au moins 24 heures après la dernière pluie).

Le plan d’eau d’importance avec le meilleur état de santé sur le territoire est sans aucun doute les Trois Petits Lacs. L’eau est de bonne qualité en raison des efforts déployés par les riverains pour protéger la faune aquatique depuis plus de 20 ans.

Le tour d’horizon se termine avec le lac Delage. La qualité de ses eaux est plutôt bonne. Par contre, le principal problème de ce lac est l’envahissement par une plante aquatique qui a été introduite accidentellement, le Myriophylle à épis. Il n’existe aucune solution miracle pour éliminer cette plante exotique. La couper est la pire des solutions car chaque segment de la plante va créer une nouvelle pousse (reproduction végétative). Il est donc recommandé d’éviter tout contact avec le Myriophylle. Aussi, comme les plantes aquatiques adorent le soleil, il est souhaitable d’avoir des arbres et arbustes en bordure du lac afin de faire de l’ombre. L’élimination de tout apport en fertilisant (engrais : phosphore, azote, potassium) est primordiale pour ne pas encourager la croissance du Myriophylle. Enfin, il est possible de demander un certificat d’autorisation au Ministère de l’Environnement afin d’installer une toile géotextile dans le fond du lac pour empêcher la croissance du Myriophylle pour ainsi créer un passage permettant d’ atteindre le centre du lac.

Globalement, il y a beaucoup de travail à faire, mais la somme de toutes les actions positives mènera inévitablement à des résultats concrets ! Bon été !

Source : Mélanie Deslongchamps et Mathieu Durette – APEL