L’eau retourne toujours à la rivière… mais dans quel état et à quelle vitesse?

Conduite pluviale déversant de l’eau chargée de sédiments dans une rivière. Lorsque la pluie s’abat sur un territoire habité, elle fait son chemin vers le cours d’eau le plus près en empruntant les fossés et les égouts pluviaux ou en ruisselant sur le sol. Ce faisant, elle emporte, jusqu’aux plans d’eau, tous les sédiments et autres contaminants que l’on retrouve sur le sol et dans le système de drainage de la région. Lors des averses, l’eau parvenant aux rivières est particulièrement chargée de sédiments à cause de l’érosion survenant sur le territoire urbanisé. Ces sédiments proviennent de sols nus (chantiers, stationnement en sable, etc.), des sables de voiries étendus sur la chaussée ou de l’érosion de fossés dont le couvert de végétation n’est pas suffisant.

Des impacts négatifs!

L’apport massif de sédiments aux cours d’eau est problématique, car ils peuvent s’accumuler dans une portion de rivière, forcer le changement de la trajectoire de l’eau et amplifier l’érosion des rives. Ils peuvent aussi nuire à la reproduction des poissons en s’accumulant dans les frayères. De plus, les sédiments transportent une grande quantité de phosphore, responsable du vieillissement accéléré (eutrophisation) des cours d’eau et favorise les floraisons de cyanobactéries, mieux connues sous le nom d’algues bleu-vert.

Crédit: APEL

Imperméabilisation des sols par l'urbanisation, APEL

L’urbanisation d’un territoire imperméabilise les sols, augmente le ruissellement et diminue l’infiltration. Elle fait en sorte que l’eau arrive plus rapidement aux cours d’eau. Lors d’orages, les crues des rivières sont donc plus intenses, augmentant ainsi les risques d’érosion des rives et d’inondation.

Il est bon de noter que la rivière des Hurons est aux prises avec un problème d’érosion et que le lac Saint-Charles, dans lequel elle se déverse, subit des floraisons intenses de cyanobactéries. L’érosion est donc un problème d’actualité dans la région!

Que faire pour réduire les impacts négatifs?

Le citoyen peut contribuer à réduire la vitesse du ruissellement et l’érosion en stabilisant les sols nus; en laissant la végétation pousser dans les fossés pour qu’elle puisse agir comme filtre; et en évitant de déverser des sédiments dans les fossés et les égouts. Il peut aussi retenir une partie de l’eau de pluie sur son terrain en dirigeant les gouttières vers un baril récupérateur ou un jardin pluvial.

Quant aux municipalités, elles peuvent éviter de dégrader les fossés lors de l’entretien et récupérer les sables de voirie au printemps. Lors du développement d’un quartier, la construction de bassins de sédimentation et de rétention permettra de traiter l’eau avant de la retourner tranquillement aux cours d’eau après la pluie.

La protection des cours d’eau, c’est l’affaire de tous !

Sources et informations : Andréanne Boisvert – APEL