Petits affluents du lac Saint-Charles

37 petits affluents et une station d’épuration

Le lac Saint-Charles est alimenté par la rivière des Hurons à 81,6 %, par le lac Delage à 3,7 % et par 37 petits affluents à 11 %. Le reste de l’alimentation en eau du lac provient de l’écoulement diffus issu de petites portions de territoire entourant le lac qui ne sont pas drainées par un cours d’eau. Enfin, il est à noter que la station d’épuration des eaux usées de la Ville de Lac-Delage rejette ses effluents dans le lac Saint-Charles juste en aval du lac Delage.22

Figure 1 : Carte des bassins versants des petits affluents du lac Saint-Charles

Effet de proximité

Figure 2 : Près de 50 % des petits affluents sont de qualité douteuse à très mauvaise (Source : APEL, 2012)

Bien que la quantité d’eau apportée par les petits affluents puisse paraître négligeable, leur impact sur la qualité de l’eau du lac reste appréciable, d’autant plus que ces tributaires montrent des signes variés et inquiétants de dégradation. En fait, près de 50 % des petits affluents sont de qualité douteuse à très mauvaise (figure 2), en raison de contaminations diverses provenant notamment :

  • des installations septiques;
  • de la station d’épuration des eaux usées;
  • de fèces d’origine animale (animaux domestiques, entre autres);
  • de déversements (huiles, peinture et autres résidus domestiques dangereux);
  • d’engrais et de pesticides;
  • de l’érosion;
  • de l’épandage d’abat-poussières;
  • et de l’épandage de sels de voirie.

À cela s’ajoute le pourcentage élevé de superficies anthrophisées autour du lac, qui ont pour effet de :

  • diminuer l’infiltration;
  • diminuer la filtration naturelle;
  • affecter le pH;
  • augmenter la température de l’eau.

Ainsi, la proximité des zones urbanisées a une réelle influence sur le plan d’eau, sur l’équilibre de son écosystème, et ultimement, sur l’accélération du phénomène d’eutrophisation. Par exemple, les eaux de ruissellement des zones urbanisées, qui se retrouvent éventuellement dans les petits affluents, contiennent des éléments chimiques qui peuvent provoquer la production de toxines chez les cyanobactéries. De plus, le pH des eaux de ruissellement urbain est généralement basique, ce qui a un effet direct sur le pH des eaux du lac. À titre de rappel, les cyanobactéries préfèrent les eaux basiques. Il faut également savoir que les eaux de ruissellement sont plus chaudes, ce qui contribue au réchauffement du lac déjà accentué par la dégradation et l’empierrement des rives. Les eaux plus chaudes favorisent la désoxygénation des eaux profondes. L’absence d’oxygène crée des réactions chimiques qui ont pour effet de rendre disponibles les éléments nutritifs et les métaux lourds qui sont emmagasinés dans les sédiments. Cette libération aide la croissance des cyanobactéries. La figure 3 montre la relation entre les paramètres de qualité de l’eau mesurés et la superficie anthrophisée des bassins versants des petits affluents, dans le but de mettre en évidence l’impact des activités humaines sur l’environnement. La figure 4 présente une visualisation des concentrations de polluants en fonction de la superficie anthropisée du bassin versant, basée sur les données réelles de 2012.

Figure 3 : Relation entre les paramètres de qualité de l’eau mesurés en fonction et la superficie anthrophisée des bassins versants des petits affluents, basée sur les données réelles de 2012 (Source : APEL)

Figure 4 : Visualisation des concentrations de polluants en fonction de la superficie anthropisée du bassin versant, basée sur les données réelles de 2012 (Source : APEL)