Problématiques

Par ses activités très diverses dans les milieux terrestres et aquatiques, l’Homme constitue un facteur écologique structurant au point d’en modifier la nature, parfois de manière irréversible (Gérardin, 1997). La construction de routes, de barrages et les développements résidentiels sont des exemples transformations majeures qui ont un impact sur le fonctionnement des écosystèmes. Voici une analyse sommaire du territoire et des activités anthropiques pouvant perturber la qualité de l’eau du haut-bassin de la rivière Saint-Charles.

Figure 1. Altitude et constructions dans le bassin versant

Urbanisation du territoire

L’urbanisation du haut-bassin de la rivière Saint-Charles s’est articulée le long des cours d’eau ou autour des lacs. En effet, des 20 461 habitations du secteur à l’étude, 27,2% des propriétés se retrouvent à moins de 100 mètres d’un cours d’eau.

De plus, une grande partie des habitations du bassin versant, soit 40,6%, n’est pas reliée à un système d’égouts, mais possède des installations septiques. Le niveau de difficulté de suivi de l’efficacité des installations septiques étant élevé, les sources de pollution sont donc très diffuses. Aussi, dans les zones urbanisées, on compte 15,3% de maisons construites dans un secteur où la pente est supérieure à 15% (fig.1). Le défi que représente la construction en pente accentue le déboisement, le terrassement et les autres travaux de remaniement du sol nécessaires à la construction créant des zones d’érosion sur le territoire, amenant ainsi des sédiments et des nutriments aux cours d’eau.

Axes routiers

Le haut-bassin de la rivière Saint-Charles est traversé par un axe routier d’importance reliant la ville de Québec à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean en plus d’avoir un réseau routier local assez étendu. Environs 2,4% (8,35 km2) de la superficie totale du territoire est couverte par différentes catégories de routes.

Exploitation de carrières, sablières et gravières

Le potentiel d’exploitation du territoire pour des carrières, sablières et gravières est élevé. On retrouve des sites d’exploitation dans tout le haut-bassin, souvent situés à proximité des cours d’eau et des lacs (fig.2). Globalement, ce type d’activité peut affecter la qualité des eaux souterraines et de surface, le paysage naturel, ainsi que la productivité du milieu terrestre.

Exploitation agricole

L’activité agricole est plutôt faible sur le territoire, cela représente moins de 1% (0,95%) du bassin versant étudié.

Stations de ski

La superficie totale déboisée par les centres de ski est évaluée à 1,52 km2. Cette superficie est plus importante que le total des coupes forestières du bassin versant. L’implantation de pistes de ski sur des pentes naturellement boisées peut être comparable à une coupe forestière totale maintenue volontairement sur certains aspects. En effet, les pentes de ski accentuent le ruissellement affectant ainsi la qualité et le débit des cours d’eau situés en aval des installations.

Golfs

Dans le haut-bassin de la rivière Saint-Charles, il y a sept golfs qui couvrent 2,3 km2, soit environ 0,7% de la superficie totale du haut-bassin.

Exploitation forestière

La végétation (incluant les forêts coupées et actuellement exploitées) occupe environ les trois quarts (74%) du territoire du haut-bassin de la rivière Saint-Charles. La superficie totale des coupes et brûlis s’élève à 1,27 km2, soit 0,36% de la superficie totale du bassin versant (fig.2). On retrouve des coupes forestières principalement dans le sous-bassin de la rivière des Hurons. Certaines de ces coupes sont situées sur des secteurs à forte pente (de 16 % à 30 %) et sont susceptibles de favoriser l’érosion des sols et l’apport de nutriments dans la rivière des Hurons, principal tributaire du lac Saint-Charles.

Réseaux d’énergie

Le territoire du haut-bassin de la rivière Saint-Charles est traversé du nord au sud par trois lignes de transport d’énergie à haute tension. Elles longent la rive Est du lac et la vallée de la rivière des Hurons pour se diriger vers la vallée de la rivière Jacques-Cartier. Deux autres lignes de transport d’énergie à haute tension traversent la partie sud-ouest du haut-bassin. En tout, cela représente environ 75 km linéaires de zones déboisées situées tant à flanc de montagne qu’au fond des vallées et traversant à plusieurs endroits les cours d’eau alimentant le lac.

Les infrastructures d’épuration des eaux usées

Les infrastructures d’épuration des eaux usées, autant municipales (stations d’épuration des eaux sanitaires) que privées (fosses septiques et champs épurateurs), parsèment le territoire. Dans le haut-bassin de la rivière Saint-Charles, deux stations d’épuration de type « étangs aérés » sont présentes, l’une à Lac-Delage et l’autre à la municipalité des cantons-unis de Stoneham-et-Tewkesbury.

Les sites de dépôts secs et les cimetières d’automobiles

Des sites de dépôts secs (matériaux de construction), un site de tri (Écocentre de la municipalité cantons-unis de Stoneham-et-Tewkesbury) et des cimetières de voitures sont présents sur le territoire du haut-bassin de la rivière Saint-Charles. Ces sites peuvent être des sources de contamination, mais pour l’instant, il n’y a rien de documenté à ce sujet. Pour la localisation des sites, voir figure 2.

Figure 2. Principales activités anthropiques ayant un impact sur l’eau dans le haut-bassin de la rivière Saint-Charles.